Le voyage au Vietnam en famille est tout à fait réalisable, y compris avec de jeunes enfants. Le pays figure parmi les destinations les plus accessibles d’Asie du Sud-Est, la criminalité violente y reste rare et les familles étrangères y sont bien accueillies. Ce qui fait la différence entre un voyage serein et un séjour compliqué, c’est la préparation : connaître les pièges courants, les règles sanitaires et les lois locales avant de partir change vraiment la donne.
🗺️ Ce qu’il faut retenir avant de partir
Sécurité : risques surtout opportunistes
Vols à l’arraché, arnaques taxis et confusion monétaire sont les vrais pièges du quotidien.
Santé : anticiper avant le départ
Vaccins, répulsifs, eau en bouteille et assurance avec évacuation médicale sont indispensables.
Lois : tolérance zéro sur certains points
Drogues, cigarettes électroniques et critiques politiques exposent à des sanctions très sévères.
Le Vietnam est-il vraiment sûr avec des enfants ?
La réponse courte : oui, avec les bons réflexes. Le Vietnam affiche un indice de paix global (Global Peace Index) régulièrement plus favorable que d’autres destinations d’Asie du Sud-Est. Les agressions physiques contre les touristes sont rares. Ce que l’on rencontre surtout, c’est une criminalité dite opportuniste : les pickpockets, les arnaques ciblant les visiteurs peu attentifs, les confusions volontaires sur les prix. Rien de propre au Vietnam, mais assez fréquent pour mériter qu’on s’y prépare.
Les familles françaises qui partent au Vietnam avec des enfants reviennent dans leur grande majorité avec un souvenir positif. Ce qui fait la différence, c’est de ne pas arriver sans connaître les quelques règles de base qui suivent.
Quels sont les vols et arnaques les plus courants au Vietnam ?
C’est sur ce point que la vigilance paie le plus. Les situations à risque sont connues et prévisibles, ce qui les rend largement évitables dès qu’on les a identifiées.
Vols à l’arraché et pickpockets
Les vols à l’arraché à moto sont la forme de vol la plus répandue, notamment à Hô Chi Minh-Ville et à Hanoï. Le schéma est toujours le même : un scooter ralentit, un passager arrache le sac ou le téléphone, et ils disparaissent dans la circulation avant qu’on ait le temps de réagir.
Les zones à surveiller particulièrement :
- Les terrasses de restaurants et de cafés, où le téléphone posé sur la table est une cible facile
- Les marchés bondés et les abords des sites touristiques
- Les gares et les aéroports, où l’attention est souvent dispersée avec les enfants et les bagages
La règle la plus efficace reste la plus simple : sac porté devant soi, téléphone rangé dans une poche intérieure ou un sac à dos, et rien de valeur dans les poches arrière. Avec des enfants, on a déjà les mains occupées, autant ne pas y ajouter un sac à risque.
Arnaques classiques à déjouer
Les faux taxis arrivent en tête. Certains conducteurs utilisent des compteurs modifiés ou pratiquent des tarifs multipliés par cinq pour les touristes. La solution est simple et fiable : utiliser uniquement Grab, Be ou Xanh SM, les applications où le prix s’affiche avant de monter. Si vous préférez un taxi physique, les compagnies Mai Linh et Vinasun restent les deux références sérieuses.
Deux autres pièges reviennent régulièrement :
- La confusion entre billets de 500 000 VND et 20 000 VND : les deux ont des couleurs proches (bleu-vert) et certains changeurs jouent sur l’inattention. Toujours vérifier la valeur face par face avant de rendre la monnaie.
- Les hébergements fictifs via les réseaux sociaux : de faux profils imitent des hôtels ou des guesthouses populaires. Réserver exclusivement via Booking ou Agoda élimine ce risque.
Une dernière chose à ne pas négliger : l’alcool de riz frelaté. Des cas d’intoxication mortelle au méthanol ont été signalés dans plusieurs régions. Éviter tout alcool artisanal non réglementé est une précaution qui vaut pour les adultes comme pour les adolescents.
Comment circuler sans risque avec des enfants ?

La sécurité routière au Vietnam est l’un des sujets qui surprend le plus les familles à l’arrivée. Avec près de 6 900 décès par an sur les routes, le pays fait partie des situations les plus complexes d’Asie du Sud-Est en matière de circulation. Les règles du Code de la route y sont peu respectées, les véhicules roulent parfois à contresens, et les trottoirs eux-mêmes ne sont pas toujours épargnés.
Traverser la rue avec des enfants demande une vraie technique. L’erreur classique est de s’arrêter brusquement ou d’attendre un trou dans la circulation qui ne viendra pas. La bonne approche : avancer à rythme lent et constant, regarder les conducteurs dans les yeux (ils anticipent votre trajectoire), tenir les enfants fermement et ne jamais faire de geste imprévisible. Les motos s’adaptent au mouvement du piéton, pas l’inverse.
Pour les déplacements en ville, Grab et Be restent les options les plus sûres et les plus transparentes. Le prix est fixé à l’avance, le trajet est tracé, et on évite toute négociation inconfortable.
Sur la question du scooter : un permis vietnamien est obligatoire pour tout véhicule dépassant 50 cm³. Conduire sans permis en cas d’accident expose à des poursuites pénales, avec une possible interdiction de quitter le territoire. La tolérance zéro alcool au volant s’applique à tous les véhicules.
Pour les trajets en bateau, notamment dans la baie de Ha Long, vérifier l’état général de l’embarcation et le nombre de gilets de sauvetage disponibles avant d’embarquer. Des incidents liés à la surcharge ont été signalés par le passé sur certaines croisières bas de gamme.
Santé en famille : quoi anticiper avant de partir ?
Aucun vaccin n’est obligatoire pour entrer au Vietnam, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à prévoir. Consulter un médecin du voyage au moins un mois avant le départ est vraiment utile, surtout avec des enfants.
Les vaccins recommandés pour un voyage en famille incluent :
- Hépatite A et B, typhoïde : indispensables pour toute la famille
- Rage : fortement conseillée pour les enfants, qui ont tendance à s’approcher des animaux errants
- Encéphalite japonaise : à envisager pour les séjours en zones rurales ou de longue durée
Sur place, la qualité des soins varie fortement selon les régions. À Hanoï et Hô Chi Minh-Ville, des cliniques privées proposent du personnel anglophone et un équipement correct. En dehors de ces deux villes, les ressources médicales sont beaucoup plus limitées. Une évacuation médicale peut coûter entre 15 000 et 50 000 euros selon la destination de rapatriement. Souscrire une assurance voyage couvrant au minimum 100 000 euros d’hospitalisation et d’évacuation n’est pas une option, c’est une nécessité réelle pour voyager en famille.
Pour l’eau et l’alimentation, la règle est simple : jamais l’eau du robinet, toujours des bouteilles, et demander systématiquement les boissons sans glaçons dans les établissements dont on ne connaît pas la source. La cuisine de rue est une expérience incontournable au Vietnam, à condition de choisir des échoppes propres, fréquentées par les locaux, avec une rotation rapide des plats.
La dengue mérite une attention particulière : les moustiques qui la transmettent piquent le jour, contrairement au paludisme. Un répulsif efficace appliqué matin et soir, des vêtements couvrants au lever et au coucher du soleil, et la vigilance est assurée pour toute la famille.
Quels sont les interdits légaux et culturels à connaître ?
Certaines règles au Vietnam n’ont pas d’équivalent en France et peuvent prendre de court des voyageurs non informés. Mieux vaut les connaître avant d’arriver.
Les interdits légaux absolus à avoir en tête :
- Drogues, cannabis compris : les peines sont sévères et peuvent aller jusqu’à la peine de mort pour trafic. Aucune tolérance.
- Cigarettes électroniques et vapoteuses : leur importation, possession et utilisation sont formellement interdites. Les appareils sont confisqués à l’aéroport dès l’arrivée.
- Critiques du gouvernement sur les réseaux sociaux : cela peut entraîner une arrestation et une déportation, même pour un touriste de passage.
- Photographies d’installations militaires ou de postes-frontières : strictement interdites, même de loin.
- Médicaments sous ordonnance : une traduction officielle est requise. Vérifier avant de partir si vos traitements habituels sont autorisés à l’entrée sur le territoire.
Sur le plan culturel, quelques règles simples permettent d’éviter les faux pas. Dans les temples et pagodes, jambes et bras doivent être couverts, les chaussures retirées à l’entrée, et les pieds ne jamais pointés en direction d’une statue. Toucher la tête d’un enfant vietnamien est considéré comme irrespectueux, même avec la meilleure intention du monde. À table, ne jamais planter les baguettes verticalement dans le riz : ce geste est associé aux offrandes funèbres. Et si un désaccord survient avec un commerçant ou un prestataire, garder son calme en toutes circonstances. La notion de « sauver la face » est centrale dans la culture vietnamienne : s’énerver en public bloque toute résolution.
Que vérifier avant de partir en famille au Vietnam ?
Les ressortissants français n’ont pas besoin de visa pour les séjours inférieurs à 45 jours. Au-delà, un visa électronique est disponible en ligne pour des séjours allant jusqu’à 90 jours. Le passeport doit être valide au moins six mois après la date de retour prévue, ce point est vérifié systématiquement à l’embarquement.
La meilleure période pour voyager au Vietnam en famille correspond à la saison sèche, de novembre à avril. C’est la fenêtre où les conditions météo sont les plus stables sur l’ensemble du pays, même si les régions du nord et du centre ont leurs propres rythmes. Les typhons sont possibles de mai à novembre, avec un pic en août et septembre sur le littoral central.
Quelques applications à installer avant de décoller :
- Grab ou Be pour tous les trajets en ville
- Un traducteur hors ligne français-vietnamien, indispensable hors des grandes villes
- Des cartes GPS hors ligne, les zones rurales n’ayant pas toujours de connexion stable
Enfin, noter ces numéros avant de partir : Police 113, Ambulance 115, Assistance touristique 1800 1091. Et enregistrer le contact de l’ambassade de France au Vietnam dans son téléphone reste un réflexe utile, même si on espère ne jamais en avoir besoin. Si vous prévoyez d’enchaîner avec un autre pays de la région, pensez à anticiper le budget pour un voyage en famille en Thaïlande, les coûts y sont sensiblement différents.


