Bretagne,  Finistère

Les Enclos paroissiaux du Finistère

Les vacances en famille, ce n’est pas toujours la joie. En tout cas chez nous il en va ainsi. Alors que tout est parfait, surgit souvent sans crier gare, une journée bien moche qui va enrayer la belle mécanique. Elle survient d’ailleurs souvent au lendemain d’une journée parfaite. Pourquoi ? comment ? Peu importe la cause. Elle arrive. Et comme à chaque fois, elle va se prolonger toute la journée. Car des les premiers signes on se met des œillères. On se dit que cela va passer, que dans une heure tout ira mieux. Mais que ni-ni, rien ne pourra l’arrêter. Elle ne fera que monter en puissance et ne retombera pas avant la fin de journée. Alors comme en Bretagne nous n’y avons pas échappé, je vais vous compter cette fameuse journée au fil des enclos paroissiaux qui va très vite se transformer en chemin de croix


Au lendemain d’une journée parfaite

Après une journée parfaite passée notamment sur l’île de Batz. Nous allons mal commencer celle-ci. Notre fils de 13 ans à un devoir de math à faire pour la rentrée et les maths ce n’est pas son fort. Fractions, proportions, géometrie, une vraie prise de tête pour lui comme pour nous. A force de perceverance nous allons en venir à bout mais avec tous cela, il est déjà 11h.


En route vers les enclos paroissiaux

Aujourd’hui, le ciel est bleu les oiseaux chantent et c’est une balade en voiture que nous avons choisie pour découvrir Les Enclos paroissiaux. Je vous laisse imaginer la tête des enfants à l’annonce de cette sublime balade qui les attend. J’ai beau leur dire que c’est noté trois étoiles dans le guide Michelin, qu’ils ne vont pas marcher, non, rien n’y fait, aucun enthousiasme en vue.

Nous embarquons tout de même en voiture et nous faisons une halte pour acheter de quoi pique-niquer. Et là, une dispute éclate sur la banquette arrière pour qui ira côté fenêtre ou au milieu. Mini-trot’ commence à râler, à pleurer puis à se plaindre d’être mal aimée. Son pré-ado de frère lui commence à souffler et la plus grande se dit incomprise et toujours obligé de céder sa place…..Bref l’orage monte, l’orage gronde et enfin l’orage éclate sous la forme d’un papa-trotteur excédé. Ce dernier invoque alors le coupplet que tout bon parent a frocement sorti au moins une fois à ses enfants en vacances :

« Franchement ce n’est pas des vacances, vous êtes insupportables. Pensez à tous ces pauvres enfants qui n’ont pas la chance de partir et vous ? Vous vous plaignez, vous n’êtes jamais content !! Et là, attention, la phrase que j’adore : « Et bien la prochaine fois on partira sans vous !! »

Il est 11h30 je suis déjà au bout de moi-même . Nous aurions dû comprendre à ce moment-là. Rebrousser chemin, nous dire, ce n’est pas grave, on va passer une journée tranquille au gîte. Après tout, les églises bretonnes sont là depuis des siècles, elles seront toujours là dans quelques années. Mais non on s’acharne (parents maso !!).


Enclos de Locmelar

C’est donc dans cette bonne humeur ambiante que nous prenons la direction du sud de Landivisiau. Premier arrêt à Locmelar, micro village où pas un villageois ne pointera le bout de son nez. L’église est certes jolie de l’extérieur, mais sans rien de particulier non plus. Et puis elle est fermée.


Enclos de Sizun

Deuxième arrêt, Sizun. Pour le coup, ça en jette un peu plus. La porte aux trois arches est magnifique tout comme la petite chapelle attenante. Mais là encore, l’église est fermée. L’ambiance est toujours ultra tendue. Il va falloir dégainer un truc pour remonter le navire sinon c’est le naufrage assuré !!


Tentative désespérée

Mon précieux guide en main je dégote à quelques kilomètres de là un site nommé  Moulins de Kerouat. Il s’agit d’un ancien village du 19e siècle réhabilité sous la forme d’un écomusée. Le long d’une petite rivière, se mêle d’anciennes maisons rénovées, deux moulins et un four à pain. L’idée étant de raconter et de comprendre comment fonctionnaient un moulin, le travail du meunier et la vie en général en ce temps-là. C’est tout à fait le genre de musée qui fait carton plein chez nous !! Ce n’est donc pas peu fière de moi que nous mettons le cap vers ce dernier, qui d’après mon guide est ouvert. Mais quand ça ne veut pas et bien ça ne veut pas, car arrivés sur place « Fermeture du 1er novembre au 28 février ».


Mais le miracle arriva

J’avoue être au bord du précipice. Plus personne ne parle dans la voiture et c’est peut-être mieux ainsi. Nous continuons notre chemin de croix, car oui à ce moment-là cette journée s’apparente vraiment à cela. Direction le Roc Trévezel

« Espace rocheux d’une altitude incroyable (384m) noté deux étoiles promettant une vue imprénable sur tout le pays du Léon »

Bon je place très peu d’espoir en lui, mais au point où nous en sommes une petite grimpette ne devrait pas nous faire de mal. Le site se trouve en pleine pampa bretonne, rien à l’horizon. J’aime de suite l’aspect sauvage, vanté et désertique du lieu, d’ailleurs, pas une seule voiture sur le petit parking. Il ne faut pas marcher bien longtemps pour atteindre la crête du roc qui tient toutes ses promesses. La vue est superbe.  Les tensions familiales semblent ne pas résister et commence à s’atténuer. L’espoir renaît.

Espoir de courte durée malheureusement


Les enclos de St Thégonnec, Guimiliau et Lampol-Guimilau

Le temps du pique-nique prolonge la presque bonne humeur ambiante. C’est donc gorgés d’espoir que nous reprenons la route. Nos trois derniers enclos distants les uns des autres de quelques kilomètres seulement sont à mon sens les trois plus beaux.

Malheurement tout cela va être balayé en une fraction de seconde par une dépression familiale force 10. Nous voici à St Thégonnec au coeur de d’une église par miracle ouverte, lorsque Mini-Trot’ se met à pleurer. Son frère lui aurait dit qu’elle n’était qu’une copieuse et que ses photos étaient moches !! C’est la fin des haricots, cette journée doit s’achever. Nous allons donc faire les deux derniers enclos au pas de course et dans un silence de plomb.


Saint Thégonnec


Guimiliau


Lampol-Guimilau


Le mot de la fin…


A notre retour au gîte nous prenons le parti de tracer un trait sur cette nouvaise journée. Aussi après bon goûter, une partie de foot pour les garçons et de jeux de société pour les filles, toute la famille se retrouve et termine correctement cette journée mémorable.

Bon rassurez-moi, des journées comme celle-ci, vous aussi vous en avez connu ?


11 Comments

  • Chacha Aventurière

    Je ne connais que trop bien ! Le pire, dans mon cas, c’est que Lolipopo et Heito bien souvent se chamaillent,. J’essais de calmer le truc, et finalement c’est moi la mauvaise. Grr !!!
    L’autre jour Lolipopo a fait ler résumé des 24H 1ere de chacun de voyages, c’était à mourrir de rire mais çà ressemble tellement à ce que tu écris.

    • Cecile

      Le style de ces églises est en effet très particulier et typique de la bas j’aime beaucoup aussi. Malheureusement les crises familiales sont inévitable même en vacances

  • Estelle

    Haha tu m’as bien fait marrer avec ton article. Vous êtes finalement une famille tout ce qu’il y a de plus normal. Je n’ai pas d’enfants, mais clairement j’ai déjà vécu une journée comme ça étant ado ou enfant, lol.
    Tes photos m’ont quand même donné envie de découvrir le coin et ses églises. C’était joli quand même. Et comme tu dis « quand ça veut pas, ça veut pas ». Y a des jours comme ça.

  • tania

    ben oui franchement ils ne savent pas la chance qu ils ont de pouvoir partir en Bretagne hors saison
    pour l instant ce que de lointains souvenirs pr moi ce genre de scènes
    qd tu es l aîné et que dois supporter les petits

  • Sylvie

    Pour répondre à ta question, eh bien je pense qu’on a vraiment soit une chance inouïe, soit des enfants extraordinaires (ou bien les 2 à la fois !) car non, on a jamais connu des journées comme ça ! Les enfants ont toujours été adorables où qu’on aille en vacances, à commencer par les voyages en voiture où ils ont toujours dormi ou patienté sagement… Ensuite pour ce qui est des programmes vacances, eh bien tu sais comment ça se passe chez nous : des randos, des randos, et encore des randos. Parfois aussi un brin de tourisme pour ne pas rater les « immanquables ».. Et ça a toujours convenu aux enfants, sans doute parce qu’ils ont connu ça tout petits, et qu’ils n’ont rien connu d’autres… Après bien sûr il y a parfois des choses moins bien que d’autres, moins intéressantes, ça arrive, mais là les enfants n’y sont pour rien, et puis c’est plus une question de goût et d’appréciation… Pour en revenir à ces enclos paroissiaux, je dois t’avouer en toute sincérité que perso ça ne m’attire pas du tout, c’est tout à fait le genre de trucs qu’on ne fait jamais. Mais comme je le disais, c’est une question de goût et d’appréciation bien sûr. Par contre du côté du Roc Trévezel je me sens revivre, et une balade par là-bas m’aurait tout à fait convenue… Bref, si les enclos paroissiaux ne sont pas ma tasse de thé et ne m’ont pas franchement convaincue, j’ai adoré en revanche le style de ton récit, qui m’a bien fait sourire. Merci pour ce partage !

    • Cecile

      Comme chez nous on est normalement fan de tous, on ne s’arrète a rien et on expérimente toute sorte de sorties et découvertes parfois ça match et parfois moins 🙂 !!

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