Quelles compagnies aériennes sont interdites de vol en Europe ?

Vous vous demandez si votre prochain vol passe par une compagnie interdite dans l’espace aérien européen ? La réponse tient en un chiffre : 169 transporteurs sont totalement bannis, et 2 autres subissent des restrictions strictes. Cette liste, gérée par la Commission européenne avec l’appui de l’Agence européenne de la sécurité aérienne, s’adresse surtout aux compagnies certifiées hors Union européenne. Voici comment savoir si la vôtre en fait partie.

✈️ L’essentiel à retenir

169 compagnies interdites = liste mise à jour deux fois par an
🌍

17 pays concernés en totalité
Toutes les compagnies certifiées dans ces États sont bannies sans exception.

🔍

4 critères de sécurité évalués
Maintenance, formation, supervision nationale et inspections déterminent l’inscription.

📋

Vol intérieur hors UE surtout visé
Un vol Europe avec une compagnie européenne n’est quasiment jamais concerné.

Avant de réserver un vol intérieur en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud, vérifiez le statut exact de votre transporteur sur le site officiel de l’EASA.
Catégorie Nombre de compagnies Type de restriction Exemples
Annexe A 169 Interdiction totale d’exploitation Compagnies russes, Fly Baghdad, Air Zimbabwe
Annexe B 2 Restriction partielle (certains aéronefs) Iran Air, Air Koryo
Total 171 Mesures combinées Répartis sur 17 pays et compagnies individuelles

Qui est concerné par l’interdiction de vol en Europe ?

La liste noire des compagnies aériennes recense aujourd’hui 169 transporteurs totalement interdits d’exploitation dans l’espace aérien européen, auxquels s’ajoutent 2 compagnies soumises à des restrictions partielles. Le total atteint donc 171 transporteurs concernés par une mesure de la Commission européenne. Ce chiffre a fortement évolué : entre 2023 et 2024, on comptait environ 129 compagnies réparties sur 22 pays. La progression s’explique en grande partie par l’ajout massif de transporteurs russes après la fermeture de l’espace aérien européen à leur égard.

Cette liste n’est pas figée une fois pour toutes. Elle fait l’objet d’une révision deux fois par an, ce qui permet d’intégrer de nouvelles compagnies problématiques mais aussi d’en retirer certaines qui ont amélioré leurs pratiques. Deux types de situations coexistent : des pays entiers dont aucune compagnie n’est autorisée à voler en Europe, et des transporteurs interdits individuellement alors que d’autres compagnies du même pays continuent d’opérer normalement.

Vous aimerez aussi :  Correspondance ratée avec Air France, quels sont ses droits ?

Quels pays voient toutes leurs compagnies interdites ?

Dix sept États ont la particularité de voir l’intégralité de leurs transporteurs certifiés bannis de l’espace aérien européen. Cette interdiction ne sanctionne pas chaque compagnie individuellement mais plutôt une supervision défaillante des autorités aéronautiques nationales, incapables de garantir un contrôle sérieux de la sécurité.

  • Afghanistan
  • Angola (à l’exception de deux compagnies autorisées)
  • Arménie
  • Biélorussie
  • Congo Brazzaville et République démocratique du Congo
  • Djibouti, Érythrée et Guinée équatoriale
  • Kirghizistan, Liberia et Libye
  • Népal, São Tomé et Principe, Sierra Leone
  • Soudan, Suriname et Tanzanie

Le cas du Népal illustre bien la logique de cette liste : une mission d’évaluation menée sur place a reconnu les efforts de l’autorité de l’aviation civile locale pour renforcer sa surveillance, sans pour autant lever l’interdiction totale qui reste en vigueur.

Quelles compagnies sont interdites individuellement ?

À côté des interdictions par pays, une vingtaine de compagnies russes figurent nommément sur la liste, conséquence directe des sanctions liées au conflit en cours. D’autres transporteurs sont bannis indépendamment de la situation de leur pays d’origine.

  • Air Zimbabwe, pour des lacunes de formation du personnel et de maintenance
  • Avior Airlines au Venezuela
  • Blue Wing Airlines au Suriname, pour non conformité aux normes internationales
  • Iran Aseman Airlines et Iraqi Airways
  • Fly Baghdad, ajoutée après un refus d’autorisation d’exploitation par l’EASA
  • Air Tanzania, entrée plus récemment dans la liste

Deux compagnies échappent à l’interdiction totale mais restent surveillées de près en Annexe B : Iran Air, autorisée uniquement avec certains types d’appareils précis, et Air Koryo, la compagnie nationale nord-coréenne, dont la flotte pose des questions persistantes de fiabilité et d’entretien.

Vous aimerez aussi :  Quelles compagnies volent de Paris vers la Martinique ?

Pourquoi une compagnie aérienne est-elle interdite en Europe ?

Quatre critères principaux guident la décision d’inscrire un transporteur sur cette liste. Le premier concerne la conformité aux normes de sécurité internationales, évaluée notamment via le programme SAFA, qui consiste en des inspections au sol des aéronefs étrangers lors de leurs escales en Europe. Le deuxième porte sur la rigueur de la maintenance des flottes, un entretien insuffisant augmentant nettement le risque d’incident technique.

Le troisième critère touche la formation des pilotes et du personnel navigant. Des lacunes dans ce domaine suffisent à justifier une inscription, même en l’absence d’accident avéré. Enfin, le quatrième critère évalue la capacité de l’autorité de l’aviation civile du pays à surveiller correctement ses propres compagnies : sans cette supervision, aucune garantie ne peut être apportée aux voyageurs européens.

La décision finale se prend lors de réunions d’experts en sécurité aérienne organisées à Bruxelles, sous l’égide du comité de la sécurité aérienne de l’UE et avec l’appui technique de l’EASA. Comme le rappelait l’ancienne commissaire européenne aux Transports Violeta Bulc, offrir le plus haut niveau de sécurité aux citoyens européens reste une priorité constante de la Commission. Cette logique explique aussi pourquoi certaines compagnies finissent par sortir de la liste : Pakistan International Airlines et Airblue ont ainsi vu leurs restrictions levées après une mise en conformité vérifiée, tout comme Air Astana au Kazakhstan quelques années plus tôt.

Comment vérifier si votre compagnie aérienne est sur la liste noire ?

La source la plus fiable reste le site officiel de l’EASA, qui publie la liste actualisée avec le détail des annexes A et B. Seule la version parue au Journal officiel de l’Union européenne fait foi juridiquement : les informations trouvées ailleurs en ligne, y compris sur des sites de presse, doivent être considérées comme indicatives et vérifiées avant toute décision de réservation.

Un piège mérite une attention particulière : le wet lease, ou affrètement d’appareil avec équipage. Une compagnie interdite peut techniquement faire voler ses passagers via un avion loué à une compagnie autorisée, l’appareil portant parfois encore le logo du transporteur banni. Ce mécanisme explique certaines confusions rencontrées par les voyageurs qui pensent reconnaître une compagnie sur le tarmac.

Vous aimerez aussi :  Comment éviter les douleurs cervicales en avion ?

Pour des noms qui reviennent souvent dans les recherches comme Buddha Air, Sky Express, Malaysia Airlines, FlyOne Armenia, Precision Air ou Flightlink, la meilleure approche consiste à vérifier directement leur statut sur le site de l’EASA plutôt que de se fier à une information glanée sur un forum ou un article non daté. Le statut d’une compagnie peut changer d’une mise à jour à l’autre, ce qui rend toute affirmation figée potentiellement obsolète.

Que faire avant de réserver un vol avec une compagnie douteuse ?

Cette liste concerne avant tout les vols intérieurs opérés hors de l’Union européenne, en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud. Un vol au départ d’un aéroport européen avec une compagnie européenne n’est quasiment jamais concerné par ces mesures. La vigilance doit surtout s’exercer lors de correspondances locales avec des transporteurs régionaux peu connus.

Avant de valider une réservation, prenez quelques minutes pour consulter le statut du transporteur choisi, en particulier si vous voyagez avec des enfants ou sur un trajet impliquant plusieurs escales. Si la compagnie figure effectivement sur la liste, mieux vaut envisager une alternative, qu’il s’agisse d’un autre transporteur local ou d’un choix de compagnie plus fiable pour un vol long courrier. Cette vérification simple, qui prend quelques minutes, évite bien des inquiétudes une fois sur place.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Cecile Belcouran

Passionnée de voyages, de nature et de photographie, je partage ici nos découvertes en famille à travers la France. Entre randonnées, escapades authentiques et moments capturés sur le vif, j’aime raconter ce qui nous inspire et donner envie d’explorer autrement, lentement et ensemble.

Nos autres découvertes